« Le Préfet Paul Girot de Langlade envisagerait de déposer plainte
contre moi pour « atteinte à la présomption d'innocence ». Il s'agit là
d'une fuite en avant d'un haut fonctionnaire face à ses contradictions,
acculé de toute part, et mal conseillé par son avocat Me Gilbert
Collard.
Dans toutes mes interventions de la mi-août sur cette affaire, j'ai
toujours pris la précaution que ce type d'affaire impose de rappeler
que le préfet était innocent jusqu'à preuve du contraire tout en
saluant la mesure préventive de suspension appliquée par le ministère
de l'Intérieur devenue nécessaire dès lors qu'il s'agissait d'un haut
fonctionnaire en mission dans le cadre des États généraux de
l'outre-mer. La vigilance est désormais de mise, et ce, pour tous les
citoyens de France, fussent-t-ils préfets. Ce rôle de veille m'incombe
naturellement et j'y suis très attaché.
Dès lors que le préfet Girot de Langlade avoue avoir déclaré le 31
juillet dernier : « Avec une gestion pareille, on se croirait en
Afrique. », je considère qu'il a franchi la ligne rouge. Les propos
qu'il concède renvoie ses interlocuteurs - le personnel de sécurité
d'Aéroports de Paris qui n'aurait fait qu'appliquer les consignes en
vigueur - à leurs origines de façon stigmatisante. Cela constitue
également une offense faite à l'Afrique tout entière. Les hauts
fonctionnaires ont un devoir d'exemplarité, devoir auquel le préfet
Girot de Langlade a manqué.
Plutôt que de s'enfoncer dans un déni et de crier au complot, M.
Girot de Langlade devrait s'excuser et assumer ses responsabilités.
Concernant le dépôt de plainte à son encontre pour « injure publique à
caractère racial », ce sera à la justice d'apprécier. Pour ma part, je
plaiderai en cas de condamnation auprès du ministre de l'Intérieur en
faveur de sanctions disciplinaires les plus sévères qu'elles soient. »
Patrick Karam,
délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer
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